15 décembre 2009

Une question d'hémisphère...


Novembre

Petite mise au point pour ne pas perdre le Nord et suivre mon calendrier :

En novembre, c'est le printemps, et les jacarandas, mes arbres préférés, sont en fleurs.
En décembre, c'est les fortes chaleurs qui commencent, on remercie la clim et les étudiants commencent leurs grandes vacances à Noël.
Noël passe d'ailleurs complètement inaperçu et ce n'est pas les quelques sapins de Noël dispersés dans la ville qui vont changer 30 ans d'habitude de froid à cette époque. Je remarque juste que les moustiques me rendent la vie dure et que peut-être à Noël je vais demander un colis de Biaphine.
Le top pour le Nouvel An est non pas de louer un chalet au ski mais une maison avec jardin, pileta (piscine) et parilla (barbecue) pour manger les premières viandes de l'année en maillot de bain.
En Janvier on part à la plage et tous les lieux touristiques sont pleins à craquer
En Février on se prépare à la rentrée.
En Mars l'université reprend
En Avril on ne se découvre pas d'un fil, c'est l'automne
En Mai fini les nu pieds
En Juin on se les caille
En Juillet c'est la doudoune assurée et on s'arrange pour rentrer en France en vacances
En Août, on renonce à regarder les photos des vacances des amis en Europe sous peine de déprime grave
En Septembre on ressort un peu
En Octobre le printemps bourgeonne

Dernières anecdotes :
Ici le ciel est plus bas que chez nous, dur de l'expliquer mais partez en Patagonie et vous comprendrez, les nuages n'ont jamais paru si près
Les étoiles ne sont pas les mêmes, pas d'étoile polaire mais l'étoile australe !
Ici pour avoir la lumière toute la journée dans son appartement, il faut qu'il soit orienté nord...
Moi il m'a fallu une bonne demi-heure d'explication de mon frère pour le comprendre. Vous me suivez ?

Les rockers argentins sont vivants




 Terre musicale particulièrement fertile, l'Argentine a la chance d'avoir ses rockers vivants, en pleine forme et toujours sur scène. Andres Calamaro ( ex los Rodriguez, ex los Abuemos de la Nada), los Fabulosos Cadillacs, Fito Paez, Charly Garcia, Spinetta, Soda Stereo, los Redonditos de Ricotta, la Bersuit, Los Ratones Paranoicos pour ne citer qu'eux... Les Argentins sont fiers de leur "rock nacional" et ont de quoi.  Les rockers argentins sont des références pour tous et depuis 10/15 ans, s'exportent bien au-delà des frontières dans tous les pays hispanophones et certains comme Andres Calamaro font chanter toute l'Espagne.
Comme ils sont copains entre eux, quand on va voir Calamaro comme dimanche dernier au Club de la Ciudad (mon rêve s'est enfin exaucé), on voit en même temps Vicentico (ex Los Fabulosos Cadillacs), le chanteur des Babasonicos et Fito Paez, comme ça, qui passaient par là... Et moi j'exultais !

Tous ces noms sont certainement de grands inconnus pour ceux qui me liront, mais imaginez être la génération de mes parents, et être en âge de voir des idoles de rock sur scène, encore jeunes et fringuants, sans devoir acheter les compils ou les voir en documentaires à la télé. Ou comme si chez nous on avait Indochine et Noir Désir au top de leur gloire, un Gainsbourg vivant, Johnny Hallyday loin du coma, Téléphone encore à la mode, comme s'ils étaient copains tous  entre eux, avaient tout juste 50 ans ou même pas encore et restaient de vrais rockers remplissant les stades, sans promo chez Drucker, sans reportage dans Gala, et sans lifting.

Ce n'est qu'une simple anecdote musicale, mais c'est une illustration de cet étrange sentiment que j'ai ici, celui d'être dans une époque encore vierge, un pays jeune, sans besoin de références passées, car ici le rock c'est maintenant et pas en noir et blanc.